De nombreux propriétaires aiment l’idée d’installer une véranda pour gagner quelques mètres carrés de plus servant de nouvelle pièce à vivre. Cela dit, la plupart du temps, cette extension devient impossible à occuper en été ou en hiver, à cause de quelques décisions prises avant la construction comme une mauvaise orientation, des vitrages non adaptés, une absence de ventilation, un oubli de l’isolation et la négligence de la jonction avec le bâti. Pourquoi et comment les éviter ? Éléments de réponse ci-après.
Négligence de l’orientation
On installe souvent une extension à l’emplacement disponible. Sachez pourtant que du choix de l’orientation dépend le choix du vitrage, des protections solaires et de la ventilation à mettre en place. Par ailleurs, une extension plein sud ombragée toute la journée ne demande pas les mêmes dispositifs qu’une structure sud dégagée.
Si la construction est exposée au sud, il faut prévoir des stores extérieurs, un brise-soleil, des films ou des vitrages à contrôle solaire, pour éviter l’effet de serre dès les premières chaleurs.
Au nord, la lumière naturelle baigne la pièce, reste constante et douce en journée, mais il faut une isolation performante pour y être confortable en période hivernale.
L’est est un bon compromis, car en saison froide, il y fait frais. En été, le soleil du matin, qui est doux, réchauffe sans surchauffer ; l’ombre de l’après-midi confère une ambiance clémente.
L’ouest rend la pièce étouffante en août, mais agréable en mi-saison.
Bref, l’orientation est le point de départ du projet et permet d’anticiper les équipements qui lui sont nécessaires.
Ne pas considérer la ventilation
Même si les baies vitrées sont ouvertes, l’intérieur de la réalisation peut devenir une fournaise en été, quand la chaleur monte et stagne sous la toiture. En hiver, l’air intérieur chargé d’humidité rencontre les vitrages froids et s’y dépose en buée. Avec le temps, cela provoque des moisissures, la dégradation des joints, la corrosion des fixations, le gonflement du bois et de mauvaises odeurs. On peut supprimer ces désagréments grâce à quelques solutions.
Une sortie d’air en partie haute
Selon un installateur de vérandas sérieux, trois moyens concrets contribuent à l’évacuation de la chaleur par le haut :
- Le châssis de toiture : une ouverture à intégrer au niveau du toit.
- Le lanterneau : c’est un caisson vitré à poser au sommet.
- Les grilles motorisées : à mettre en place sur les parois verticales, juste en dessous de la couverture de l’extension. Elles s’ouvrent automatiquement selon la température.
Outre ces tirages naturels, un extracteur thermostaté peut être ajouté en complément.
Une ventilation en partie basse
Pour que l’humidité ne soit pas enfermée dans la véranda, que les gouttes d’eau qui se forment n’affectent pas les joints, que l’intérieur ne se dégrade pas progressivement, il faut mettre en place des entrées d’air situées au ras du sol ou dans le soubassement. Des grilles fixes ou réglables intégrées aux profilés, des aérateurs dans les traverses basses des châssis, ou de simples ouvrants coulissants entrouverts sont amplement suffisants.
Il est à noter que sans cette entrée basse, la sortie haute n’aspire rien : l’air chaud restera toujours bloqué sous la toiture.
Un chauffage pour régler le défaut de conception
Le froid ressenti à l’intérieur d’une véranda ne se résout pas simplement par l’intégration d’un radiateur. C’est une alternative qui ne fait qu’augmenter la facture d’énergie. La pose d’un chauffage doit intervenir bien après, quand l’isolation complète est assurée. Pour cela, il faut choisir les bons vitrages, opter pour une toiture mixte, mettre en place un isolant sous chape et une rupture périphérique, soigner le chevêtre et le solin entre l’extension et le bâti, supprimer les passages d’air parasites.
Il ne faut pas oublier la réglementation : si la structure est non chauffée, elle est traitée comme un espace tampon qui ne fait l’objet d’aucune exigence. Dès qu’elle est raccordée au chauffage, la RE 2020, volet extension, impose des performances minimales d’isolation sur les parois, le toit, le sol et les menuiseries.
Un vitrage choisi uniquement pour son prix
Se lancer dans l’installation d’une véranda, c’est bénéficier d’un espace lumineux, constitué en grande partie de parois vitrées. Pourtant, les propriétaires lésinent souvent sur le modèle de vitrages pour économiser sur le prix de la construction. C’est un piège qui engendre de l’inconfort et transforme l’extension en débarras presque toute l’année. Le mieux pour faire le bon choix, c’est de regarder deux indicateurs fondamentaux, à savoir :
- Le Ug : il indique la quantité de chaleur qui s’échappe. Il est de ce fait plus bas lorsque les déperditions sont limitées.
- Le facteur solaire g : il indique combien d’énergie solaire entre en été. Si sa valeur est basse, cela signifie qu’il ne laisse passer qu’un faible pourcentage de rayonnement.
Voici quelques références en la matière :
| Type de vitrage | Ug (W/m².K) | Facteur solaire | Usage recommandé |
|---|---|---|---|
| Simple vitrage | ~5,8 | ~0,85 | À proscrire en pièce de vie ; réservé aux espaces non chauffés (serre, abri de jardin) |
| Double vitrage ancien (air, sans couche) | ~2,8 | ~0,75 | Existant à remplacer |
| Double vitrage standard (4/16/4 argon, FE) | ~1,1 | ~0,60 | Standard actuel, toutes orientations |
| Double vitrage à contrôle solaire | ~1,1 | ~0,35 | Sud, ouest, toiture |
| Triple vitrage | ~0,6 | ~0,50 | Régions froides, véranda chauffée |
Valeurs indicatives pour le vitrage seul (g). Sur un devis, le facteur solaire affiché est généralement le Sw, qui intègre le cadre et se situe légèrement en dessous.
Oublier le raccordement à l’existant
Le bâclage du solin du toit, la mauvaise isolation du chevêtre, une dalle coulée en continuité avec celle de la maison, sans joint de séparation, etc. Ce sont des travaux qui créent des ponts thermiques rendant les vitrages inefficaces, même s’ils sont haut de gamme.
Pour ne pas avoir à effectuer des corrections coûteuses, le sol est le poste critique à ne pas négliger, en plaçant sous la chape un panneau isolant. Ensuite, il faut poser une bande isolante sur tout le pourtour pour que le froid ne contourne pas l’isolation par les bords.
Bref, ces cinq erreurs peuvent être évitées en étudiant le projet avec un vérandaliste compétent et fiable, qui s’assurera de vérifier la localisation de la véranda et les contraintes qui accompagnent le terrain, sa superficie, l’autorisation à détenir et les démarches à faire avant de démarrer le chantier, l’état et le style de la résidence à laquelle elle vient s’accoler.